Photo : Alexis Courraud


Qu’est-ce que la Vènerie ?

Elle consiste à chasser à courre des animaux sauvages (cerf, sanglier, chevreuil, daim, renard, lièvre, lapin) dans leur milieu naturel jusqu'à leur prise éventuelle. Leur défense, qui réside dans la fuite et les ruses, doit pouvoir s'exprimer naturellement. Ce mode de chasse, typiquement écologique, repose sur l'action de chiens courants chassant en meute. Ce sont les chiens qui chassent l'animal couru jusqu'à sa prise. Le veneur sert ses chiens avec l'objectif de leur permettre d'exprimer toutes leurs capacités naturelles.

 


Photo : Jean-Louis Marie


Photo : Fabrice Toutée

  
Photo : Fabrice Toutée
Une éthique exigeante 
La vènerie est un art cynégétique qui repose sur la mise en œuvre de connaissances accumulées pendant des siècles. Le veneur se doit de posséder cette science et de l'approfondir constamment, afin de perpétuer l'emploi sur le terrain de toutes les "règles de l'art".
Le veneur est respectueux de la loi naturelle. Il prend soin de ne pas compromettre l'intégrité et la loyauté de la confrontation entre la meute et l'animal chassé. Dans ses interventions au cours de la chasse, il ne se substitue pas aux chiens, mais les sert. Lorsqu'ils tombent en défaut, il les aide à le relever.
La vènerie s'exerce avec les moyens hérités de la tradition. Le veneur chasse "à cor et à cri", avec sa trompe (ou corne de chasse) et sa voix. Il ne fait pas usage des moyens de communication engendrés par la technologie moderne. Il fait le bois avec son limier. Il ne recourt pas aux moyens de détection mis au point par la science. À la chasse, il se déplace à cheval ou à pied et ne recourt pas aux moyens mécaniques (sauf exception justifiée par un motif de sécurité).
L'aboutissement du laisser-courre est la prise de l'animal chassé. Ce prélèvement, qui obéit à la logique de la vie et de la mort, doit être entouré de respect et de dignité, de même que l'accomplissement de tous les actes qui y mènent.


Une strucuture centrale : l'équipage 
Le maître d'équipage assure la conduite de l'équipage. A la chasse, c'est lui - ou à défaut son remplaçant désigné - qui est responsable du laisser-courre. Il prend toute décision qui lui paraît appropriée. Il assure également dans un esprit amical et convivial la direction du groupe de veneurs que forme l'équipage.
Chaque équipage possède une identité particulière définie par son appellation, sa tenue, ses couleurs et sa fanfare.

Les membres de l'équipage (appelés boutons, gilets, épingles...) peuvent être amenés à intervenir durant le laisser-courre, ils le font dans le strict respect des consignes données par le maître d'équipage. En toutes circonstances, ils font preuve de loyauté et de solidarité, et d'un parfait esprit de camaraderie. Qu'ils soient à cheval ou à pied, les membres de l'équipage et leurs invités portent avec élégance et simplicité la tenue de vènerie. Ils veillent à ce que leurs propos et leurs attitudes restent toujours d'une parfaite courtoisie. Ils sont attentifs au bon état et à la propreté des animaux qu'ils amènent à la chasse comme à ceux des matériaux qu'ils emploient.




Un centre d'intérêt essentiel : les chiens

Partageant le plaisir de chasser de ses chiens, le veneur leur porte une attention constante. Il s'attache à perpétuer les races auxquelles ils appartiennent et à les améliorer encore. Le chien d'ordre est la raison d'être du veneur, il veille à ce que les meilleurs soins lui soient prodigués au chenil.

À la chasse, il fait en sorte que leurs capacités naturelles s'épanouissent conformément aux dispositions de leur race. Lorsqu'ils se trouvent exposés à des dangers imprévus (tels que passages de route, étangs pris par la glace...) il veille à les protéger de son mieux.

Le veneur ne considèrera pas la journée terminée tant que tous les chiens ne sont pas rentrés au chenil, et mettra tout en œuvre pour reprendre les chiens égarés.
Le veneur chasse pour ses chiens, la qualité de leur travail et le plaisir qu'il prend à les voir bien chasser - pas pour le nombre de prises. La récompense des chiens est de prendre un animal dans les règles de l'art.
De la même manière, le veneur monté consacre une attention toute particulière à son cheval. Pendant la chasse, il pratique une équitation d'extérieur respectueuse de ses aptitudes et de ses limites.

   
   
Photo : Fabrice Toutée  



Au rendez-vous, des tenues impeccables


Photo : Alexis Courraud

Photo : Fabrice Toutée

Photo : Alexis Courraud
 

Un souci de rigueur dans la conduite des laisser-courre. La chasse se déroule sous l'autorité du maître d'équipage. A l'exception des équipages chassant à pied le lièvre et le lapin, les fonctions, en action de chasse, de "responsable" d'un équipage s'exercent à cheval.

 

Habituellement la journée du veneur débute dès l'aube, en allant "faire le bois" en forêt avec son "limier", afin de reconnaître l'emplacement des animaux susceptibles d'être chassés.

 

Le rendez-vous constitue le rassemblement de l'équipage avant la chasse. Il importe qu'il soit fixé dans un endroit suffisamment vaste pour ne pas perturber la circulation. C'est l'occasion pour le maître d'équipage de "prendre le rapport", décider de se porter sur telle ou telle "brisée" et donner haut et fort aux membres de l'équipage, aux invités et aux suiveurs toutes les recommandations qui conviennent pour le bon déroulement de la chasse et notamment la sécurité.

Les chiens sont ensuite emmenés sur le lieu choisi pour "fouler", derrière un veneur à pied ou à cheval. Si "l'attaque" est faite avec des "rapprocheurs", les chiens de meute doivent être donnés dès que possible après le "lancer", à la voie de l'animal déhardé ou encore donnés à l'écoute.

 

La chasse proprement dite commence alors. Elle est ponctuée par les fanfares de "circonstances" sonnées tout au long de la chasse par les veneurs qui indiquent ses différentes phases : "la compagnie", "la vue", "le bien-aller", "le défaut", "le change", "le débuché", "le changement de forêt", "le relancé", "le bat-l'eau", etc... Si l'animal est pris, on sonne "l'hallali".

La prise marque la fin de l'action de chasse. Au chevreuil, au renard, au lièvre et au lapin, les chiens coiffent l'animal pris. Au cerf et au sanglier, le veneur intervient pour servir l'animal qui tient les abois ou le ferme. Le maître d'équipage prend toute disposition pour que cette conclusion soit aussi rapide et nette que possible.
Après la prise, la curée qui vise à rappeler les circonstances de la chasse, récompenser les chiens et saluer les participants, est sonnée selon le rituel de la vènerie.

 

Le maître d'équipage veille à en fixer le lieu dans un endroit écarté des voies de circulation et des sites touristiques. Cet emplacement doit être laissé en bon état de propreté.


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