La vènerie, une chasse à cor et à cri
L'un des éléments auxquels la vènerie française doit un éclat incomparable est la trompe de chasse. Sans elle, le laisser-courre perdrait assurément une partie de son âme; sans ces appels des cuivres, la vènerie n'aurait plus la même grandeur, ni la même noblesse. Si la chasse à courre est une tradition millénaire, l'usage de la trompe en vènerie est relativement récent.
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L'histoire de la Trompe de Chasse
Avant que la communication ne soit devenue la règle et déjà l'habitude, les veneurs en connaissaient l'usage. Toujours à propos, ils bramaient le grêle ou le gros ton en se servant d'un huchet au Moyen-âge et, à la Renaissance, de grands cors semi-circulaires en général finement ciselés.
Bien que limitée dans son langage, la trompe offre néanmoins au veneur la possibilité de s'exprimer et de communiquer de manière beaucoup plus étendue et agréable à l'oreille que la corne grâce aux données physiques de l'instrument et aux compositions musicales qui lui sont propres, appelées Fanfares.
Répertoriées dans les recueils officiels de la FITF (Fédération Internationale des Trompes de France) , se distinguent les FANFARES DE CHASSE (animaux, circonstances et directions), les FANFARES DE MAITRES ou de LIEUX. De chasse, d'église ou de concert, la trompe est le même instrument : un trait d'union entre les hommes, les fidèles, le public ou les
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chiens. Son étonnant pouvoir de séduction lui permet de pénétrer les cœurs les plus hermétiques et souvent de faire découvrir à un public moins averti, un monde qu'il n'aurait jamais entrevu sans la trompe.
Jadis, les bergers, les chasseurs et les guerriers communiquaient à l'aide d'une corne creuse d'animal, dont on avait taillé la pointe. Cet instrument est appelé cor. Il était fabriqué en bois, en métal ou en ivoire d'éléphant, d'où le nom d'olifan. A la chasse, on est longtemps resté fidèle à l'usage du cor. La faible courbure qui projetait le son vers l'avant s'est peu à peu accentuée et le son fut alors envoyé vers l'arrière.
Dès l'Antiquité, on a vu apparaitre les premières trompes ordinairement en airain. Ces instruments accompagnaient plutôt les cérémonies religieuses. La Trompe métallique formée d'un long tube enroulé sur lui-même et muni d'un pavillon s'est développée grâce à la musique d'orchestre; elle n'est apparue à la chasse que vers 1680. Ses caractéristiques, bien que de tonalités et de longueurs variables, lui permettaient un langage largement plus riche que celui du cor.
Jadis, pour communiquer, on utilisait le cor, fabriqué en bois, en corne ou en métal. Les messages ou cornures sur deux tons étaient rudimentaires. Vers 1680, afin de donner plus de faste à la vènerie royale, on emprunte les grandes trompes de la Chapelle de Versailles dont les possibilités musicales sont infiniment plus riches. C'est à partir de 1705 que le marquis de Dampierre précise les caractéristiques de la trompe de chasse et compose une série de fanfares destinées à sonoriser les laisser-courre. "Quand Dampierre eut sonné toute la cour fut étonnée".
D'abord accordée en do et proche de la trompette de cavalerie, elle prend le ton que nous lui connaissons dès 1705 en étant dès lors accordée en ré. La même année, elle acquiert sa longueur actuelle de 4,545 mètres mais d'abord enroulée sur un tour et demi avec un diamètre de 73 centimètres. Ce modèle est appelé "à la Dampierre" en souvenir du célèbre auteur des fanfares. En 1729, l'instrument est enroulé sur deux tours et demi avec un diamètre de 55 centimètres : ce modèle est dit "à la Dauphine". La trompe dites "d'Orléans", celle employée de nos jours, apparait vers 1818 : elle offre les mêmes caractéristiques que les précédentes mais sur 3 tours et demi, son diamètre n'étant plus que de 35 centimètres.
Dampierre compose dès 1923 toute une série de fanfares destinées à devenir le code de communication de la vènerie.
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Les Tons pour les Chiens
La vènerie se définit comme la chasse à cor et à cri. La trompe est l'instrument principal de la vènerie, elle sert aussi à communiquer avec les chiens. Grâce à elle, la meute peut localiser la chasse et éviter ainsi de se perdre. Les fanfares utilisées pour parler aux chiens ne correspondent pas à un langage codifié, à des airs précis, il s'agit plutôt de messages sonores que le veneur adresse à ses chiens.
Ces sont des lignes mélodiques improvisées tenant compte des circonstances où elles sont employées. Quelques exemples :
Quêtés et requêtés : dans la recherche de la voie, le veneur encouragera les chiens posément, calmement. Il évitera toute excitation risquant d'appuyer à mauvais escient une initiative malheureuse. Le ton et les mots sont volontairement pondérés.
Appels : pour rappeler les chiens à soi, on complète ou remplace les cris par des tons plutôt puissants, longs et aigus parce que la meute s'est éloignée. Ces appels, sonnés à l'arrêt, doivent porter au plus loin.
Bien allers : dans l'action, on appuie les chiens présents, on encourage à rallier ceux qui sont en arrière et accessoirement on indique aux suiveurs que la chasse avance rapidement. Ces tons sont généralement sonnés à vive allure.
La fabrication de la Trompe de Chasse
La Trompe appartient à la famille des cuivres. Elle se compose d'un tube régulièrement tronconique en métal fin (pratiquement toujours du laiton). Le tube se termine par une partie conique évasée : la pavillon.
La fabrication, toujours artisanale, n'a guère varié depuis des siècles. La Trompe est composée de plusieurs sections emboîtées les unes aux autres pour former la longueur désirée. On distingue le tube d'embouchure, les tubes successifs enroulés sur eux-mêmes et le dernier tube se terminant par le pavillon. Tout se réalise à partir d'une feuille de métal. Dans le procédé traditionnel, les tubes sont enroulés dans des gabarits puis cintrés et le pavillon est chaudronné à la main par martelage précis lui donnant sa forme définitive.
La technique instrumentale
Comme pour tous les instruments à vent, le souffle est une force motrice employée pour animer la colonne d'air dans le corps de la Trompe. C'est la vibration des lèvres sur le bord de l'embouchure qui produit le son. Ce son est alors amplifié par l'appareil sonore que constitue la Trompe. La modulation des notes est réalisée uniquement par le jeu du souffle et des lèvres. De plus, la langue permet la prononciation des notes et la réalisation d'un artifice sonore unique en son genre : le tayaut, qui n'appartient qu'à la Trompe de Chasse.
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